mercredi 4 mars 2015

Le Voyage de Pippo, de Satoe Tone

 Dessins pastels, paysages oniriques, avec cet album le lecteur voyage au pays des rêves calmes et voluptueux.
Pippo la grenouille a oublié tous les rêves... c'est alors la petite brebis - parmi celles qu'on compte pour s'endormir -  qui l'emporte au pays des songes. Les mois et les saisons défilent, la nature change de couleurs, plantes et animaux rêvent... et Pippo et la petite brebis écoutent ces rêves attentivement.
Ce livre est doux et paisible comme le sommeil qui s'empare langoureusement des enfants après le bain. Un bonheur.

Satoe Tone l'a écrit et illustré suite au premier Prix International de l'Illustration de la Foire du Livre de Jeunesse de Bologne qui permet à de jeunes illustrateurs et auteurs jeunesse de se faire connaître et éditer.
Sur son adresse Facebook, vous pourrez découvrir ses illustrations: https://www.facebook.com/satoe.tone

mardi 3 mars 2015

A l'ombre des coquillages, de José Roosevelt


J'ai tout de suite été attirée par l'épaisseur et la couverture de cette bande dessinée, à ma médiathèque: une couverture sobre, sur fond noir, avec un dessin au crayon en noir et blanc, fin, délicat et très mystérieux. Le titre a participé à ma curiosité.


Le livre est accompagnée d'une longue et belle préface - mais la maison d'édition a été créée par l'auteur, ça aide - les illustrations sont magnifiques, oniriques, et claires comme dans la couverture, ce qui incite tout de suite à la lecture -pour moi en tout cas-.



Trois récits de jeunesse s'entremêlent, s'enchaînent.

Celle de Juanalberto, un canard original, rêveur, curieux et solitaire aux magnifiques yeux clairs très expressifs, celle de Vi, petite fille solitaire elle aussi, vivant avec sa mère et dont les seuls amis sont les livres, et enfin celle de Ian, jeune garçon ambitieux, fier et innocent, doté de deux cornes et d'une grande beauté. Chaque récit est différencié par des traits différents. Je ne suis absolument pas une spécialiste en dessin, loin de là, mais je dirais, maladroitement, que les traits sont plus appuyés, plus contrastés pour Ian, plus limpides pour Juanalberto.



Le lien commun aux trois, c'est les coquillages géants qui, un jour, sont apparus dans le ciel et depuis passent chaque jour à la même heure en cortège silencieux.

Juanalberto en fait sa maison, Ian son métier - dresseur de coquillages - et Vi y perd la seule petite amie qu'elle n'ait jamais eue.



Tous trois vivent dans un monde parallèle oppressant, dictatorial dans lequel ils cherchent leur voie et contre lequel ils luttent, chacun à sa façon.



Dans ce livre, il y a beaucoup de bavardages autour de l'art surtout, mais aussi de la religion et de différentes conceptions philosophiques. Beaucoup de ces conceptions sont originales, mais, je les ai trouvées, parfois, maladroites, tout comme l'écriture dont la syntaxe laisse parfois à désirer, mais l'auteur n'est pas francophone à l'origine.



C'est un livre déroutant mais beau, à tenter.

lundi 2 mars 2015

Ecrire



Je veux écrire pour pénétrer les pénombres qui me cernent.
Je veux écrire pour peser.
Je veux écrire pour goûter, palper, disséquer, dévorer et recracher, fragments chargés d'émotions délicates à déplier. Je veux écrire pour cet oeil immobile à la paupière battante.
Je veux écrire l'invisible balancement du vent, les hésitations de la pensée, les certitudes du corps.
je veux écrire le lent mouvement de l'écume sur la vague qui se déroule et chaque fragment de l'instant dans son inconsistance.

Je veux écrire pour toucher ce coeur du monde que l'écrivain-voyageur poursuit.

© Myrthe K
Proposition "Ecrire" de l'atelier Les Mots à la Pelle

Mokusei!, de Cees Nooteboom

 Mokusei est le nom d'une plante odoriférante japonaise, au parfum étrange. C'est aussi le surnom qu'Arnold Plessers donne, en plus de celui connu de lui seul, Masque de Neige, à Satoko, la jeune Japonaise qu'il vient de rencontrer.
Mokusei est enfin le titre de ce très bref roman du début et de la fin d'une histoire d'amour qui, bien qu'elle ait lieu au vingtième siècle, est prise dans les pièges de cultures qui ne se comprennent pas. Ainsi commence le roman: sur cette incompréhension dont parle si bien De Goede, pourtant expatrié depuis de longues années au Japon.
La description de cet amour naissant est délicate, tracée subtilement, dans le silence et deux solitudes. La tendresse transparaît, ainsi que la pudeur.
Cette histoire, brève, mais qui dure pourtant cinq ans, est simplement esquissée, parfois avec difficulté: l'écriture n'est pas toujours limpide, la faute peut-être à la traduction?

Voici ici  la critique de Purple Velvet, une amie bloggeuse.



dimanche 1 mars 2015

Le Merveilleux Dodu-Velu-Petit, de Béatrice Alemagna

Les couleurs douces des illustrations, le désordre qui y règne, l'originalité et la modernité du style, et enfin cette doudoune rose fluo d'Edith, tout concourt à ne pouvoir résister à lire ce livre après l'avoir feuilleté.
Edith se présente: cinq ans et demi, Eddie pour les amis, des parents et une grande soeur talentueux, et elle... elle qui ne sait rien faire, enfin, rien de vraiment particulier.
On la devine un peu jalouse de sa grande soeur, bien sûr, et lorsqu'elle entend, un matin, quelques bribes de ses paroles que je cite: "anniversaire-maman - dodu - velu - petit", elle saute sur l'occasion pour trouver elle ce magnifique cadeau qui comblera sa maman. elle part donc en quête de ce cadeau "velu, dodu et petit", faisant le tour des commerces du quartier, interrogeant toute la ville, jusqu'à ce qu'elle trouve!

Mes petits cobayes personnels ont aimé l'histoire et ont dévoré les images des yeux. De mon côté, je serais un peu plus réticente: je l'ai trouvé difficile à lire à voix haute - qui parle? - et surtout, je n'ai toujours pas compris pourquoi la grande soeur a prononcé ces quatre mots déclencheurs de l'intrigue... on peut tout imaginer évidemment, mais ça m'a dérangé.
Un grand j'aime néanmoins pour la fraîcheur de cet album de Beatrice Alemagna, dont on avait déjà aimé Un Lion à Paris.

son site: http://www.beatricealemagna.com/