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samedi 28 mars 2015

Le livre du thé, de Kakuzo Okakura

Pas de doute, j'aime le thé, je ne pourrais pas imaginer un petit-déjeuner sans thé, une journée sans thé.

  Le thé n'a ni l'arrogance du vin ni l'affectation du café - et encore moins l'innocence minaudière du cacao.

J'aime le thé depuis toujours, à vrai dire, mais jamais je ne m'étais interrogée sur tout ce que cette boisson impliquait comme art de vivre et philosophie!
Dans ce livre, le thé reprend toutes ces lettres de noblesse. Cérémonial, démocratique, spirituel, revigorant, apaisant, purifiant et j'en passe, cette "écume du jade liquide" a traversé les siècles en Chine et au Japon et établi un vrai art de penser qui se traduit par l'établissement des maisons de thé.
Il nous enseigne l'art de le préparer et de le servir, mais aussi celui de le mettre en contexte, tout étant dans les détails de la décoration. Parce que boire un thé est plus qu'un plaisir, c'est une expérience intérieure.
Okakura, sous prétexte de nous en expliquer les tenants et aboutissants, en profite pour défendre la culture orientale, mise à mal en ce début de vingtième siècle par la présence de l'Occident en son sein. Il s'en dégage des manières de penser et de vivre souvent totalement différents.
Il nous enseigne une autre harmonie, une autre façon d'appréhender le respect, la lenteur, la contemplation.


Ce thé devint une façon de vivre - une voie pratique d'accomplissement spirituel. 


L'essai est accompagné d'une préface ET postface de Sen Sōshitsu, descendant de cinq générations de maîtres de thé, qui nous présente l'auteur - habitué du monde occidental et donc légitime critique des deux mondes - et explique que ce livre a changé sa vision de la vie. 


HiroshigeMariko, famous tea house


Ce livre traînait dans ma bibliothèque depuis des années, accompagnant un pot de thé reçu en cadeau. Je suis heureuse de m'être enfin décidée à le lire. 



mercredi 4 mars 2015

Le Voyage de Pippo, de Satoe Tone

 Dessins pastels, paysages oniriques, avec cet album le lecteur voyage au pays des rêves calmes et voluptueux.
Pippo la grenouille a oublié tous les rêves... c'est alors la petite brebis - parmi celles qu'on compte pour s'endormir -  qui l'emporte au pays des songes. Les mois et les saisons défilent, la nature change de couleurs, plantes et animaux rêvent... et Pippo et la petite brebis écoutent ces rêves attentivement.
Ce livre est doux et paisible comme le sommeil qui s'empare langoureusement des enfants après le bain. Un bonheur.

Satoe Tone l'a écrit et illustré suite au premier Prix International de l'Illustration de la Foire du Livre de Jeunesse de Bologne qui permet à de jeunes illustrateurs et auteurs jeunesse de se faire connaître et éditer.
Sur son adresse Facebook, vous pourrez découvrir ses illustrations: https://www.facebook.com/satoe.tone

samedi 28 février 2015

La Mort, l'Amour et les Vagues


Trois nouvelles et trois hommes, dans le Japon des années 50.

Si le premier n'a plus d'illusions et vient dans cet hôtel dans le but de mettre fin à ses jours, une fois son volume Voyage en Orient de Guillaume de Rubrouck achevé, le deuxième, lui, commence une vie nouvelle. Fraîchement marié, amoureux de sa jeune épouse, il l'emmène sur les lieux de ses années d'étudiant, pour contempler le Jardin de Pierres qui fait resurgir des événements majeurs dans sa vie. Le troisième, enfin, clôt le recueil logiquement. Veuf d'une femme qu'il a un peu aimé, il lui reste pourtant fidèle pour des raisons qui lui sont chères et dont il va se remémorer.

Récits de vies sans éclats, ironiques, désillusionnées mais tendres également et parfois d'amour, ils sont écrits d'une plume concise et lumineuse. Les femmes y sont décrites comme les hommes, faibles et fortes tout-à-tour mais sans pitié de la part de Inoué. J'ai particulièrement aimé l'ironie sans surprise de Jardin de Pierres, mais aussi les descriptions de la mer de la première nouvelle, les couleurs qu'elle prend au soleil ou à la tombée de la nuit, le mouvement incessant des vagues contre les rochers, l'humidité marine qui pénètre par la fenêtre ouverte de l'hôtel, ce bout du monde, la solitude, la honte et la mort.